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Être dev freelance, l’envers du décor…

Ma vie de développeur web freelance
Homme de dos face à la plaine, en plein moments de doute

Il y a quelques jours je t’annonçais que j’avais trouvé ma première mission de dev freelance et que ça avait super bien matché avec les deux lead devs le jour de l’entretien. Tout était beau, tout était rose 😀.

Mais il y a eu comme un os…

Je devais commencer le lundi ok? Et bien on m’explique le jeudi (quelques jours avant le démarrage donc) que l’entreprise n’a pas de poste à me fournir et qu’il faut que je vienne avec mon propre matériel.

Mmmmm… ok.

Je m’attendais à ce type de problématique, mais à vrai dire pas lors de ma première mission. Du coup, n’ayant pas de pc portable chez moi, j’ai du faire des mains et des pieds pour me trouver une bécanne en un temps record.

Par chance j’ai trouvé un magasin informatique juste à côté de chez moi qui n’avait plus qu’un seul PC en stock en fonction des configs que je leur ai demandé (de quoi travailler dans de bonnes conditions) et qui a pu me livrer le samedi.

Un peu plus de 1000€ déboursé, que je vais payer en 3 fois. Une somme que je n’avais absolument pas prévu de sortir tout de suite car actuellement j’ai 0 fond de trésorerie.

Je passe alors mon dimanche à installer les softs pour être « paré à coder »!

Et de deux.

Le premier jour chez le client, je constate que tout le monde est sous Mac ou sous Linux. On me dit rapidement que je suis le seul de la boîte à être sous Windows et qu’il vaudrait mieux pour moi de changer d’OS pour m’adapter au reste de l’équipe et surtout pour pouvoir installer les projets sur lesquels je dois travailler.

OK OK… je prends ça comme un défi.

Le truc c’est j’ai toujours développé sur un Windows moi! En plus j’avais spécialement demandé un Windows Pro pour faire tourner Docker dessus…

Tant pis, j’me suis adapté. J’ai installé sur place le dernier Ubuntu sur ma machine et sans dual boot. J’me suis dit que c’était l’occasion de passer 100% de l’autre côté de la barrière. Quitte à installer un Linux, autant le pratiquer à fond!

Allez, je m’accroche.

Le projet sur lequel je devais travailler était assez conséquent. C’était une grosse refonte technique commencée il y a un an, avec du Symfony 3, du Docker, des tests unitaires, de l’AWS et plusieurs briques en NodeJs. Je suis arrivé à un mois de la mise en prod.

Donc, une release chaud patate, très attendue par le business. D’ailleurs niveau ambiance, on sentait que tout le monde était sur le qui vive.

Je n’ai pas eu vraiment le droit à un welcome pack en bon et due forme m’expliquant en détail les rouages de l’application. J’ai du découvrir tout ça sur la route, prendre connaissance des différentes briques logicielles sur le tas, malgré la présence de tous ces développeurs autour de moi (c’était une grosse équipe).

Malheureusement pour moi, rien ne marchait. Au moment de configurer les projets, je tombais bug sur bug. Et mes questions pour essayer de m’en sortir avaient l’air de déranger. Mes collaborateurs, bien qu’ils essayaient de m’aider, m’ont fait comprendre qu’ils n’avaient pas spécialement le temps pour moi.

En plus de ça, je sentais qu’il y avait un léger décalage de connaissances entre eux et moi. Niveau Docker par exemple, ils étaient vraiment au top. Moi comme toujours dans ces cas là, je m’accroche. Je prends beaucoup de notes, j’arrive avant tout le monde dans l’entreprise, je repars plus tard, je lis pas mal de tutos dans le train et je continue le soir en rentrant. J’essaye de me mettre à niveau le plus vite possible pour dépoter du code et qu’on soit content de mon travail. Normal je dirais. Je suis vraiment du genre à tout donner.

Et de trois… le coup de grâce!

Quatre jours!

Ma mission qui devait durer 3 mois minimum, n’a duré que 4 jours! Le jeudi soir je suis convoqué par le CTO. Il met un terme à mon contrat.

En gros, il s’attendait à ce que j’aie un peu plus le même niveau que l’équipe. Mes collaborateurs n’ont pas vraiment apprécié que je pose autant de questions et ils s’attendaient à ce que je me débrouille par moi-même sur tous les sujets en un temps record (genre un robot quoi ^^).

En revanche j’ai eu quand même quelques compliments sur mon intégration au sein de l’équipe, sur le fait que j’étais quelqu’un de très agréable et sur la vitesse avec laquelle j’ai su m’adapter sur certains points. C’est déjà ça, lol.

Mais bon voilà. Pouf! Je n’ai plus de client. Et je ne m’y attendais pas. Et donc je n’ai plus qu’à rentrer chez moi….

C’est clair que le moral en prends un coup. Et j’te parle pas de l’égo. Tout ça est assez dur à encaisser, surtout quand ça t’arrive les premiers jours de ta première mission.

Limite j’ai pensé à arrêter direct mon projet de freelance. Mais être freelance, c’est un truc auquel je réfléchissais depuis belle lurette quand même. Je trouve ça dommage de remettre en cause le truc tout de suite.

Pas grave… allons de l’avant!

Avec du recul, j’me dis que tout n’est pas perdu, au contraire.

Comme je leur ai dit en partant : au final je ne suis pas resté longtemps certes, mais ce furent 4 jours vraiment intenses où j’ai appris énormément de choses et surtout, ce fut « la » mission qui m’a fait basculer sur Ubuntu. Et ça s’est super nouveau pour moi. Et je dois avouer que j’adore ça!

Je découvre vraiment une toute nouvelle facette du développement web hyper intéressante. Les outils open source, le terminal, les connexions SSH et les commandes Git en ligne de commande…etc. Donc affaire à suivre de ce côté là, p’t’être que j’en ferai quelques tutos.

Sinon, autre chose.

Pour finir je ne repars pas sans rien. J’ai quand même pu éditer une facture de 2000€HT (=1200 nets) pour mes 4 jours travaillés. C’est en partie cet aspect financier qui m’encourage à continuer. Si il n’y avait pas ça, j’avoue que j’aurais peut-être arrêté tout de suite.

Et c’est parti pour nouvelle mission!

Je n’ai pas attendu le déluge pour réactiver mon réseau. Le soir même j’ai envoyé pas mal de textos et de mails à droite et à gauche.

Au final j’ai trouvé une nouvelle mission de 3 mois sur Paris. Pour le coup dans un tout autre contexte. Ce sera ou sein d’une petite équipe, sur un projet de refonte en plein démarrage et on me fournit l’ordinateur.

Et je commence demain! CAD à peine une semaine après m’être fait jeter de la boîte d’avant. Donc c’est plutôt encourageant.

La tension est redescendue. Je vais finalement continuer dans cette voie. On verra ce que ça donne 😋  .

Ce que j’ai retenu de tout ça

Au final je suis content d’avoir eu cette expérience. Elle me permet d’y voir plus clair sur le quotidien d’un développeur freelance. C’est bien des trucs qu’on nous dit rarement en fait. C’est vrai qu’en général on nous vends plutôt du rêve en permanence 😕. Jusqu’à aujourd’hui je n’ai pu lire/voire que très peu de choses sur la face cachée d’un job de freelance. Du coup j’voulais apporter ma contribution là dessus.

Donc le bilan que je fais de tout ça c’est :

  • Qu’il faut inclure dans son projet de freelance d’avoir son propre matos dés le départ.
  • Qu’il faut le plus vite possible réussir à mettre du cash de côté pour les jours où tu ne peux pas travailler (rupture de contrat, maladie ou autre), surtout si t’as une famille à nourrir!
  • Qu’être freelance, c’est surtout vivre l’aventure. Ça vient avec son lot de réussites mais aussi son lot d’échecs.
  • Qu’on est menés à rencontrer beaucoup plus de monde et travailler sur plus de projets différents que si on était salarié. Incontestablement, ça nous fait progresser plus vite techniquement parlant.
  • Mais aussi qu’il faut qu’on s’adapte plus à la nouveauté et qu’on soit opérationnel le plus rapidement possible. Il ne faut pas oublier que dans la tête de nos clients, l’expert c’est nous!
  • Qu’il y a vraiment une pénurie de devs sur le marché. Et que si on s’y prends bien on peut réussir à facturer correctement toute l’année.
  • Et pour finir, un truc trop bizarre. Je trouve que je suis beaucoup moins fatigué que quand j’étais salarié. Pourtant je travaille plus. Je pense que ça vient de la motivation à être son propre patron. Faudra jusque que j’fasse gaffe au burnout lol 😜 .

Voilà ma petite expérience du moment. J’aime bien partager ce genre de chose avec toi. J’me dit que c’est toujours intéressant d’avoir ce genre de feedbacks, qu’ils soient bons ou mauvais. 😌

Et toi, as tu déjà eu des coups durs en tant que free? Si oui, n’hésites pas à partager avec nous ton expérience.

2 commentaires :
  • De Baptiste

    Très bon article, merci pour le temps que tu as passé à l’écrire 🙂

  • De Devpizza

    Merci @Baptiste! Comme je le fais par plaisir, c’est vrai que ça prends du temps, mais j’le vois pas passer 😀

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